Le Fil Rose

 Le 14 février n’a pas la même saveur pour moi que pour beaucoup.

Depuis 2017, c’était la date de mon contrôle annuel lié à mon haut risque de cancer du sein et des ovaires. Chaque année, à la même période, je retournais à l’Institut Curie pour une IRM, une mammographie, une échographie. Une Saint-Valentin sous surveillance médicale.

Pas vraiment glamour, mais en réalité, profondément symbolique.

14 février 2020 : le jour du diagnostic

Et puis il y a eu le 14 février 2020.

Ce jour-là, les examens ont révélé “quelque chose”.
Je suis sortie assommée de l’instituent Curie, et en même temps pleine d’espoir que ce soit bénin. 

Ce diagnostic de cancer du sein a marqué le début d’un long processus. Un processus médical, bien sûr. Mais surtout un processus intérieur.

Je dis souvent que ce 14 février a été un cadeau.
Un cadeau bien mal emballé.
Mais un cadeau tout de même.

Parce qu’avec le recul aujourd’hui, je peux dire que ce jour là, précisément, ma vie a changé. 

Traverser le cancer : peur, deuil et reconstruction

Rien n’a été simple.

Il a fallu apprivoiser la peur de l’avenir, prendre des décisions lourdes. subir une double mastectomie, faire le deuil de mes seins et apprivoiser les cicatrices.
Et aussi tenir debout pour l’entourage et parfois, pleurer en silence.

La reconstruction après un cancer du sein ne se limite pas au corps. Elle touche l’identité, la féminité, la confiance, la relation à soi et aux autres.

C’est là que l’art-thérapie est devenue pour moi un refuge.

L’art-thérapie comme soutien pendant et après le cancer

Pendant mon parcours de soin, le Journal créatif®, le dessin neurographique, la créativité en général m’ont permis d’exprimer ce que les mots ne pouvaient pas toujours dire.

L’art-thérapie offre aux femmes atteintes de cancer un espace sécurisant pour :

  • déposer les émotions

  • traverser les peurs

  • réhabiter le corps

  • redonner du sens à l’épreuve

Créer ne guérit pas médicalement.
Mais cela aide à se reconstruire intérieurement.

C’est ce chemin-là qui m’a menée à devenir art-thérapeute et à accompagner aujourd’hui des femmes traversant la maladie, le cancer ou une épreuve de vie majeure.

Parce que je sais, de l’intérieur, ce que cela représente.

Aimer autrement : se choisir quand tout vacille

Depuis 2020, le 14 février ne représente plus pour moi cette célébration de l’amour romantique.

Il me rappelle que la vie est fragile.
Et qu’aimer commence peut-être là : dans la manière dont on se choisit quand tout vacille.

S’aimer, après un cancer, n’est pas évident.
Le corps change.
Le regard sur soi change.
Les priorités changent.

Apprendre l’amour de soi après la maladie est un processus. Lent. Progressif. Parfois inconfortable.

Mais essentiel.

Être accompagnée change tout

Si je regarde le chemin parcouru depuis ce fameux 14 février 2020, je mesure combien l’accompagnement a été déterminant.

Se sentir soutenue.
Accueillie sans jugement.
Entendue dans ses fragilités.

Cela change tout.

Aujourd’hui, je me sens toujours entourée et soutenue.

La Vie a mis Annette sur ma route. À travers le Refuge en ligne, elle propose un espace bienveillant et accessible aux femmes qui souhaitent avancer vers plus d’amour de soi.

En ce moment, elle offre aux membres un programme de 21 jours dédié à l’amour de soi.
Vingt-et-un pas pour apprendre à se parler autrement, pour se traiter avec plus de douceur.

Accompagner les femmes atteintes de cancer : un engagement personnel et professionnel

Mon parcours personnel avec le cancer du sein a profondément transformé ma manière d’être.

Aujourd’hui, j’accompagne des femmes touchées par la maladie, en rémission ou en reconstruction, à travers :

Parce que je crois profondément que la reconstruction après cancer ne concerne pas seulement le corps. Elle concerne l’âme, le sens, l’identité.

Et parce que je sais que l’on ne devrait jamais traverser cela seule.

14 février : une autre définition de l’amour

Si cette date a pour vous une saveur particulière — douce ou douloureuse — peut-être peut-elle devenir un point d’appui.

Non pas pour célébrer l’amour tel qu’on nous le vend.

Mais pour honorer celui que l’on décide de se porter.

C’est une décision.

Celle de continuer à tisser sa vie, consciemment.
Du fil à la ligne.