Il y a une broderie, un peu détonnante de par sa couleur, accrochée dans ma salle à manger, sur le mur en face de là ou moi j’ai ma place…. disons celle que j’occupe habituellement quand je déjeune et je dine.
On y voit un colibri, entouré de feuillages découpés dans du papier. Je la regarde souvent. Elle me rappelle cette légende amérindienne :
Face à un immense incendie de forêt, tous les animaux sont paralysés par l’effroi, sauf le petit colibri. Infatigable, il vole vers la rivière, remplit son bec de quelques gouttes d’eau et les lance sur le feu. À force d’aller-retours, il s’épuise. Un tatou, sceptique, lui lance : « Mais tu ne vas pas éteindre le feu avec ça ! » Le colibri, sans s’arrêter, répond : « Je le sais. Mais je fais ma part. »
Cette histoire résonne profondément en moi, à tel point qu’elle a été à l’origine du premier atelier de groupe que j’ai animé, alors que j’étais encore en reconversion
Pourquoi cette histoire résonne pour moi ? Tout simplement car tout mon chemin, depuis ces dernières années, c’est cela : faire ma part. À ma mesure. Avec ce que je suis.
Le fil de la vie, quand tout se réinvente
En effet pendant des années, mon univers a été celui de la broderie (en plus d’un travail salarié dans une banque). Le fil, la toile, l’aiguille, les points.
Mais peu à peu, le fil s’est transformé. Il est devenu ligne. La ligne du dessin, celle de l’écriture. J’ai découvert que tracer des lignes –surtout des lignes neurographiques- laisser courir le stylo sur le papier, pouvait apaiser l’esprit, dénouer les nœuds intérieurs, transformer la douleur en quelque chose de vivant.
C’est là qu’est née la lignothérapie*. Non pas comme une méthode rigide venue d’ailleurs, mais comme une évidence : celle de relier ce qui semblait séparé. La broderie et le dessin. Le collage et l’écriture. Les découpes de papier et les traits de mon stylo. Tout cela, c’est la même énergie créatrice qui cherche à s’exprimer, à réparer, à faire sens. C’est ainsi que je nomme la méthode qui est derrière Le Fil Rose, du fil à la ligne.
Un nom, une révélation : “Le Fil Rose”
Le rose, bien sûr, pour rappeler le combat contre le cancer, mais surtout pour la douceur, la féminité, la tendresse envers soi-même. Et le fil, élément essentiel en broderie, comme ce lien ténu mais indestructible qui nous relie à nous-mêmes.
Ce nom ne suffisait pas. Il manquait une pièce du puzzle, ma pièce. Il m’a fallu un peu plus de temps pour la trouver. Et puis, un jour le déclic. J’y ai ajouté : « du Fil à la Ligne ». Parce que c’est exactement mon parcours : passer du fil de la brodeuse à la ligne de la femme qui se réinvente. Passer de la main qui coud à la main qui écrit, qui dessine, qui assemble.
Aujourd’hui, ce projet vit grâce à cette alliance. C’est d’ailleurs dans l’espace en ligne d’Annette, qu’elle a nommé « Le REFUGE », que le programme est hébergé. Cet espace sécurisé et bienveillant accueille aussi bien le Mini-Fil Rose que le parcours complet. C’est la preuve que ce projet est déjà, par essence, un tissu de liens et de confiances partagées.
Une marque, un engagement
Ce n’est pas qu’une formalité administrative. C’est un acte symbolique fort. C’est la reconnaissance officielle d’un chemin parcouru avec le cœur. C’est la protection de ce que j’ai créé à partir de mon histoire, de mes blessures et de mes espoirs. Ce nom m’appartient, mais il appartient surtout à toutes les femmes qui, un jour, chercheront à reprendre le fil de leur vie en couleurs.
Et maintenant ? Faire sa part ensemble
« Il faut créer un compte, c’est trop long ! » Je vous entends. Créer un nouveau mot de passe, valider un email… cela peut sembler fastidieux. Je comprends cette lassitude face aux inscriptions en ligne. Pourtant, cette étape est cruciale. Par le passé, le concours a fait face à des irrégularités : votes multiples, attaques de bots… Pour garantir une équité parfaite et assurer que chaque voix compte vraiment, La Fabrique a rendu ce compte obligatoire.
Astuce : Si vous ne souhaitez pas encombrer votre boîte principale, utilisez une adresse email secondaire (ce que j’appelle une adresse “poubelle”), ou sachez qu’il est tout à fait possible de supprimer votre compte une fois le vote passé, après le 6 juin.
« De toute façon, un seul vote ne change rien. » C’est une illusion dangereuse. Si nous attendons tous que les autres fassent le geste, rien ne bougera (Rappelez vous l’histoire du Colibri).
Les chiffres sont là : une femme sur huit sera touchée par un cancer au cours de sa vie. Dans votre entourage, dans votre famille, parmi vos amies, le cancer est déjà une réalité. Si chacune de ceux et celles qui me lit prend deux minutes pour voter, et arrive à convaincre ne serait-ce que deux autres personnes de faire de même, l’effet boule de neige devient immense. Votre vote n’est pas une goutte d’eau isolée ; il est le mouvement du colibri qui, multiplié par des milliers d’autres, peut éteindre le feu de l’isolement et de la difficulté.
Alors oui, je vous le demande : faites votre part. Prenez ces deux minutes. Créez ce compte. Votez. Et surtout, faites circuler l’information.
Car aujourd’hui, soutenir “Le Fil Rose, du fil à la ligne”, c’est soutenir toutes ces femmes qui cherchent à retisser leur vie avec douceur et créativité. C’est croire qu’une autre approche est possible, une approche où l’art et le lien humain sont au cœur de la guérison.
Et vous, quel est votre colibri intérieur ? Quelle est la part que vous pouvez faire aujourd’hui ?
Avec toute ma gratitude,
Marylène Verstraete Fondatrice du Fil Rose, du fil à la ligne.
* Note sur la lignothérapie : Ce terme désigne ici une approche personnelle développée par Marylène Verstraete, intégrant le dessin de lignes, l’écriture et les techniques artistiques (collage, broderie) à visée thérapeutique. Bien qu’inspirée de principes de dessin neurographique, elle s’en détache pour former une méthode libre et hybride, au service de la reconstruction personnelle.